Histoire et Origine des Chaussures Homme

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À l’esprit vide et aveuglé celui qui ne reconnait pas que le pied est plus distingué que la chaussure, et la peau bien plus que le vêtement. – Michel-Ange

Répandues dans le monde entier, les chaussures ont été conçues pour ses vertus fonctionnelles et utiles ; elles servent à protéger les pieds de l’homme qu’elles chaussent. Selon l’âge, la condition, la météo, la culture, elles oscillent entre l’objet utile et la création artistique. De tous temps, les chaussures ont également été un moyen d’afficher son statut social et ont reflété l’évolution des mœurs et des modes.

Les chaussures pour homme dans l’Antiquité

L’homme a adopté les chaussures à un stade très ancien de son évolution. Dans les régions froides, des fourrures d’animaux furent probablement utilisées pour entourer les pieds et les mollets ; ou bien, plus simplement, des peaux en forme de sacs furent nouées autour des pieds. Des peintures rupestres, datant de douze à quinze mille ans avant notre ère, ont été découvertes dans des cavernes en Espagne et dans le sud de la France. Elles montrent un homme en bottes de peau et une femme en bottes de fourrure. Dans les régions chaudes, des feuilles de palmier étaient attachées sous la plante des pieds et les protégeaient du sol brûlant.

La découverte la plus ancienne est une sandale en raphia datant d’environ 8300 av. J.-C. Elle protège le pied d’un Amérindien originaire d’Amérique du Nord. Découverte en Arménie, la plus vieille chaussure en cuir a près de 5 500 ans. Composée d’une pièce de cuir qui recouvre l’avant-pied, elle est attachée par des liens plus ou moins complexes.

Dans l’Égypte ancienne, les sandales permettent, par leurs formes étroites et libres d’évacuer le sable sans effort tout en se protégeant des aspérités du terrain. Elles sont fabriquées en cuir, en paille tressée, avec des lanières de feuilles de palmier ou de papyrus. Le port des sandales est un signe de pouvoir. Seuls les pharaons portent des sandales en feuilles d’or ou d’argent, et seuls les hauts dignitaires, ainsi que les prêtres eux-mêmes, ont le droit de porter des sandales. Le peuple va pieds nus.

Dans la Grèce antique, le port des sandales est exclusivement réservé exclusivement aux hauts dignitaires. D’autres modèles de chaussures sont contemporains : les femmes et les vieillards préfèrent porter les Persikai, des chaussures souples et fermées de style perse. Quant aux nomades et aux chasseurs, ils adoptent des chaussures montantes de style oriental puis, plus tard, des bottes lacées.

Les Romains reprennent en grande partie les modèles des chaussures grecques. Ils réglementent bien plus sévèrement leur port ainsi que la manière selon laquelle les souliers peuvent être décorés. Les sandales avec la toge sont les insignes honorifiques de l’habit du citoyen romain. Ils sont aussi le signe distinctif qui différencie les hommes libres des esclaves puisque ces derniers n’ont pas le droit d’en porter. Leurs variétés de formes et de modèles restent majoritaires durant l’Antiquité, mais un changement se profile vers la fin du IVe siècle, tout d’abord sur le territoire d’influence byzantine et ensuite à Rome. Des souliers apparaissent parfois fermés, ainsi que des chaussons en cuir simple marron ou noir, mais aussi en cuir pourpre richement décoré.

Sous l’empire chrétien, les vêtements ont changé. Selon la moralité chrétienne, montrer son corps serait un péché. Au VIIIe siècle, les chaussures sont dessinées pour couvrir les pieds et ont remplacé les sandales.

Les chaussures pour homme au Moyen Âge

À partir du Moyen Âge, les chaussures, comme le costume, devient une affaire de statut social mais aussi de mode. Les courtisans qui donnent le ton, portent pour la plupart des modèles de chaussures à bouts longs et pointus : les poulaines. La longueur de la pointe, généralement relevée, peut mesurer jusqu’à 50 cm et indique l’appartenance de son porteur à une certaine classe sociale. La pointe des chaussures est rembourrée avec de la mousse ou du chanvre pour la rendre rigide. La poulaine se porte accompagnée de sa galoche en bois, le patin. La précieuse pointe de la poulaine est ainsi protégée de la boue des rues et le porteur s’en trouve rehaussé d’autant. Lorsque la marche devient mal aisée à cause de la longueur de la pointe, cette dernière est attachée à la jambe.

Les chaussures pour homme du XVIe au XVIIIe siècle

Au cours de la Renaissance, à cause des changements politiques sociaux et intellectuels et la nouvelle puissance de la haute bourgeoisie, la mode change. Les bouts sont plus larges et plus pratiques. Au XVIe siècle apparaissent ainsi les souliers à pied d’ours ou bec de canard, des souliers très ouverts à large bout carré.

La montée de la France en tant que centre international de la mode sous Louis XIV (1643-1715) favorise la popularité des styles de la cour française. Au temps du Roi-Soleil Louis XIV (1643-1715), seuls le roi et la haute noblesse ont la permission de porter des talons rouges. Les chaussures sont ornées de boucles décoratives, un style qui restera à la mode jusqu’aux années 1780. Les boucles sont achetées en articles distincts et, à la fin du XVIIIe siècle, elles sont disponibles pour tous les goûts et les poches, des pierres précieuses étincelantes pour les riches, de l’acier ordinaire et du laiton pour les commandes inférieures.

La Révolution française met un terme à cette mode. Les boucles aux souliers des hommes et les talons hauts deviennent des insignes de l’aristocratie que les révolutionnaires abhorrent et visent à éliminer. Nait alors un type nouveau de chaussures sans talons, plus menu, plus léger et sobre : l’escarpin ou la bottine.

Les chaussures pour homme au XIXe siècle

Les styles masculins populaires du début du dix-neuvième siècle comprennent des chaussures à pied lacées, des souliers plats en soirée en cuir et des bottes de styles variés, dont les bottes supérieures. La production de chaussures est de plus en plus mécanisée au milieu du XIXe siècle, et en 1900 la plupart des gens portent des chaussures fabriquées dans des usines et vendues par des détaillants de chaussures, plutôt que par des cordonniers. Dans les années 1890, l’augmentation relative de la richesse, la participation accrue aux activités sportives et de loisirs telles que le tennis, le golf et le cyclisme, mais également l’amélioration des techniques de fabrication de masse conduisent la classe moyenne à consommer une gamme de styles de plus en plus variée, adaptée à différents contextes et activités.

Les chaussures modernes pour homme

La chaussure pour homme est un domaine où la mode évolue lentement, si bien que l’on trouve des chaussures dont la forme n’a pas changé depuis les années 40. La production en série permet aux fabricants de chaussures de fournir de nouveaux modèles à des prix compétitifs, mais il ne s’agit que de variations sur les styles de base d’où sont issues toutes les chaussures d’homme. Dans le derby, l’empeigne se prolonge sous les quartiers pour former une languette par-dessus laquelle on noue les lacets. Le mocassin, à l’origine en daim, est l’archétype du soulier facile à enfiler, coupé très bas sur les côtés auxquels est cousue une empeigne surélevée. La sandale, enfin, est une chaussure ouverte maintenue par des brides ou lanières.

Le début des années 1920 voit le début des chaussures habillées. Au cours des années 1920 à 1950, toutes les chaussures pour hommes ont le même style et le même schéma de couleurs. Contrairement aux chaussures habillées d’aujourd’hui, les chaussures habillées à lacets sont les plus pratiques, tandis que les bottes sont portées au travail, les baskets pour faire du sport, les sandales en été et les mocassins pour la maison. En ce qui concerne le choix des couleurs, il est assez limité. La palette de couleurs pour les chaussures habillées ne varie que de la combinaison marron, noir, blanc ou deux tons. Avec un peu de connaissances, il est en fait assez facile de dire à quelle décennie appartient une chaussure en raison de ses différents détails. En effet, la forme de l’orteil, l’épaisseur du talon et les détails décoratifs définissent chaque époque.

Les caractéristiques prédominantes des chaussures pour hommes dans la période de l’après-guerre sont d’une diversité croissante aussi bien en style qu’au niveau du prix et du renouvellement des dessins à la mode. La fabrication de chaussures en série devient la norme après 1945, la production à faible coût est maintenant concentrée dans les pays asiatiques et les chaussures plus exclusives en Italie.

Première chaussure de l’homme, le mocassin fait son grand retour dans les années 70, où le modèle de Gucci à talon plat est de rigueur pour parader en ville. On constate, l’appropriation de chaussures à talon même chez les hommes qui grandissent la silhouette. Autre emblème de contreculture, la sandale unisexe Birkenstock qui offre un lit de pied ergonomique dès 1967 et que l’on voit réapparaître dans les années 90.

Les chaussures unisexes ou androgynes se poursuivent comme une caractéristique de la garde-robe traditionnelle au début du XXIe siècle. Cependant, en dépit de ces développements, il existe des différences importantes entre les chaussures masculines et féminines. Les talons hauts sont toujours considérés comme exclusivement féminins et les variations de la chaussure Derby ou Oxford complètent le costume de ville des hommes.

Les chaussures décontractées pour homme

À l’instar du vêtement, les chaussures décontractées pour homme deviennent des accessoires de mode qui s’adaptent au courant des tendances. Elles sont le reflet de notre personnalité. Il existe des chaussures pour tous types d’activité, des sneakers pour la ville, des baskets pour le sport, des boots pour l’hiver…
En 1919, Converse présente pour la première fois les chaussures « All Star ». Ces chaussures montantes de grosse toile et à semelles de caoutchouc marron chaussent les pieds des athlètes. Nike détrône la marque en 1971 avec sa chaussure dotée de semelles compensées à coussin d’air. Puis, ils sont rejoints par Reebook et d’autres grandes marques sportives.
Au milieu des années 70, la popularisation de la musique disco et du mouvement punk impriment un tournant important dans la mode de tous les jours. Certains jeunes hommes portent alors des chaussures-plateformes aux couleurs et motifs colorés ; d’autres préfèrent les Doc Martens, devenues populaire depuis les années 60, ou bien des « creepers », inventées les années 1950 avec la montée du rockabilly.
Toujours au milieu des années 1970, dessinées pour le confort et pour le sport, les baskets ou les sneakers sont devenus des chaussures omniprésentes pour les hommes de tous âges. Cette tendance est portée par l’informalité dans les apparences masculines, l’influence de la mode de la rue des noirs américains et par le marketing agressif des sociétés de vêtements de sport comme Nike, Puma ou Adidas.
S’il n’existe plus aujourd’hui de code interdisant à une catégorie sociale de porter tel ou tel modèle de chaussures, nos chaussures continuent de refléter notre mode de vie et nos goûts vestimentaires.

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