Savoir-vivre : Introduction

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La bonté est le principe du tact, et le respect pour autrui la condition première du savoir-vivre. – Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime, le 24 août 1879

L’art de bien vivre ensemble

Pendant plusieurs siècles, les bonnes manières consistent en un code de normes qui se transmettent oralement. Bien vite, elles sont rassemblées dans un traité didactique à l’usage des fils de bonne famille, lu en réalité par un public très divers. Aujourd’hui le succès en librairies des guides de savoir-vivre ne se dément pas. Ceci révèle le besoin ou l’envie de mieux appréhender les usages qui mettent en relation une personne avec une autre dans un sentiment de confiance et de respect réciproque. Je vous propose de découvrir, ou de redécouvrir les gestes, les attitudes, les formules écrite et orales qui vous permettront de vous sentir à l’aise en société, et en toutes circonstances.

La politesse

La politesse se fonde essentiellement sur deux principes : d’une part, la commodité ; quand plusieurs personnes se présentent devant une porte, il est préférable de savoir quelle est celle qui doit passer la première, sinon, c’est la bousculade. Il est d’autre part une finalité plus haute, c’est le respect d’autrui. Rares sont ceux qui savent comment on salue, comment se font les présentations, comment on prend congé, comment l’on s’exprime, oralement et par écrit ; ce que sont, dans les discours et dans la correspondance, les formules d’appel, de courtoisie, ou encore comment organiser un déjeuner et comment se comporter au cours d’un repas d’affaires…

Les relations avec les autres

Les relations sociales sont fondées sur le principe de l’échange et de la réciprocité. Le savoir-vivre est un guide pour entrer en relation avec les autres : la famille, les amis, les voisins, les collègues, les inconnus… Il est utile pour se faire accepter tout en acceptant les autres et il reste indispensable à l’harmonie des groupes humains.

La présentation de soi

Un homme bien élevé est également quelqu’un qui le paraît. Tout ce qui touche à la présentation de soi revêt une importance particulière : façon de s’exprimer, de se tenir, de s’habiller… Une bonne tenue répond à un sens de l’esthétique et à quelques principes fondamentaux.
Le premier, c’est le soin : pour être présentable, il faut être propre.
Le second principe est l’harmonie. Elle consiste à savoir assembler les différents éléments de sa tenue (couleurs et accessoires), mais aussi à harmoniser sa tenue avec son physique ou son âge ainsi qu’avec le moment de la journée, et le lieu dans lequel on se trouve, l’activité qu’on y exerce. La discrétion est aussi un des fondements de la distinction ainsi que le maintien : donner l’impression qu’on contrôle son corps, ses sentiments et son langage.
Tout cela forme cette « bonne tenue » qui permettra de plaire à ses semblables, non pour satisfaire un quelconque narcissisme mais parce que présenter une image agréable de soi est une forme de « politesse » que l’on doit aux autres.

Pour un savoir-vivre moderne

Les règles du savoir-vivre semblent avoir disparu parce qu’elles sont devenues inutiles ou gênantes. En réalité, le cérémonial s’est adapté aux nécessités de la vie moderne et s’est considérablement simplifié. La connaissance et le respect de ce qui subsiste n’en sont que plus impératifs. Les rites traditionnels sont simplifiés pour les rendre, en quelque sorte, plus fonctionnels. Ces changements ne sont qu’évolution et affectent beaucoup plus les formes que le fond.
Aux yeux de ses adversaires, le savoir-vivre représente une contrainte d’autant plus insupportable qu’elle semble n’apporter aucune contrepartie, aucun profit. Ils ignorent que la pratique du savoir-vivre peut être dans la vie un élément de réussite et une arme psychologique précieuse. Le savoir-vivre protège contre les excès de gestes et de langage ; il rétablit l’équilibre entre les forts et les faibles, permet de masquer des vérités désagréables, évite de peiner, de choquer. Sa pratique crée un climat rassurant. Cela ne concerne pas seulement les particuliers. Les chefs d’entreprise et leurs collaborateurs doivent également y être attentifs, en un temps où l’on prête attention aux relations publiques et où l’on tente d’entretenir un bon climat sur le lieu de travail.

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