Après une première tentative entrepreneuriale consacrée aux produits haut de gamme, le projet a ressurgi plusieurs années plus tard sous une autre forme. À partir de 2018, les bibliothèques parisiennes, la recherche documentaire, l’écriture, le web, la photographie puis la vidéo ont peu à peu dessiné les contours d’un média personnel consacré au luxe, aux métiers rares et aux maisons d’excellence.
La résurgence d’une passion
L’année 2018 a ouvert une nouvelle étape. L’intérêt pour le luxe, les métiers d’art et les savoir-faire, déjà présent lors de ma première entreprise en 2003, est revenu avec plus de force. Mais cette fois, il ne s’agissait plus de vendre des produits en ligne. Il fallait comprendre, étudier, documenter.
Les bibliothèques parisiennes sont alors devenues mon principal lieu de travail. J’y ai consulté des ouvrages consacrés à l’histoire du vêtement, aux maisons de luxe, à la parfumerie, aux arts décoratifs, à l’hôtellerie, aux grands ateliers, aux gestes de fabrication et aux objets qui ont traversé les époques. Peu à peu, cette recherche a pris une place centrale dans ma vie.
Pendant plusieurs années, j’ai avancé avec une méthode simple : lire, comparer, vérifier, classer, puis organiser les informations. Mon objectif était de comprendre les différentes étapes qui mènent d’une matière première à un produit fini, mais aussi d’identifier les acteurs majeurs de nombreux secteurs. Derrière un parfum, un costume, un sac, une montre, une voiture, un hôtel ou un restaurant, il existe des matières, des techniques, des choix, des métiers, des transmissions, des ruptures, des périodes historiques. C’est cette profondeur que je voulais rendre accessible.
Ce travail a donné naissance à des guides, des listes de maisons, des repères historiques et des contenus structurés autour de critères précis. Il ne s’agissait pas d’empiler des noms prestigieux ni de reprendre des discours de marque. Je voulais construire une base éditoriale solide, capable d’expliquer pourquoi une maison mérite l’attention, ce qui fonde la valeur d’un produit, comment un métier s’est développé, ou pourquoi certains lieux et objets ont acquis une place particulière dans la culture du luxe.
Cette phase de recherche m’a aussi fait comprendre une chose essentielle : la connaissance seule ne suffisait pas. Pour créer un média, il fallait apprendre à écrire avec clarté, à hiérarchiser les informations, à construire un article, à choisir un angle, à donner du rythme à un texte sans sacrifier la précision. J’ai donc travaillé l’écriture, suivi des ateliers, multiplié les exercices et affiné progressivement ma manière de présenter ces sujets.
Le projet exigeait également des compétences techniques. Une formation en développement web m’a permis de mieux comprendre la structure d’un site, l’organisation des contenus, l’expérience de lecture et les contraintes d’un média en ligne. J’ai ensuite accordé une place croissante à l’image. La photographie s’est imposée comme un prolongement naturel de cette démarche, avant que la vidéo n’entre à son tour dans le projet.
Cette évolution a changé ma façon d’aborder le luxe. Je ne le regarde plus seulement comme un univers de produits, de lieux ou de marques, mais comme un ensemble de métiers, de décisions, d’exigences et de récits professionnels. Derrière les vitrines, les campagnes et les noms connus, il y a des ateliers, des archives, des gestes, des matières, des personnes et des maisons dont l’histoire mérite d’être expliquée avec rigueur.
Un projet éditorial sous mon nom
Sous mon nom, Stefane Girard, je construis aujourd’hui un média consacré à ces univers. Le site réunit des contenus sur les parfums, la mode, les hôtels, les restaurants, les automobiles, les voyages, les objets et les métiers d’art. L’ambition n’est pas de produire un discours abstrait sur le luxe, mais de proposer un espace éditorial clair, documenté et exigeant.
Ce projet repose sur une conviction : le luxe n’a de sens que lorsqu’il peut être expliqué. Un lecteur doit pouvoir comprendre ce qui distingue une maison, ce qui fait la qualité d’une fabrication, pourquoi un lieu a marqué son époque, ou comment un métier a évolué. Le rôle du média est alors d’accompagner cette compréhension, sans céder à l’effet d’annonce, au vocabulaire creux ou à la simple fascination pour les noms connus.
Le site constitue la base de ce travail. Les réseaux sociaux viendront prolonger cette approche avec des formats plus visuels. La photographie et la vidéo permettront d’ouvrir davantage les coulisses : ateliers, rencontres, reportages, gestes professionnels, événements, lieux et objets. À terme, l’objectif est de créer un ensemble cohérent, à la fois éditorial, visuel et documentaire.
Le prochain chapitre
Ce chemin n’a pas suivi une trajectoire évidente. Il part d’un milieu modeste, passe par la relation client, le tourisme, l’hôtellerie, le numérique, une première entreprise, puis plusieurs années de recherche. Rien n’était écrit à l’avance. Pourtant, avec le recul, ces étapes ont progressivement formé un socle.
Aujourd’hui, le projet entre dans une phase plus concrète. Il ne s’agit plus seulement d’étudier, d’écrire ou de structurer des contenus depuis une bibliothèque ou un bureau. Il faut désormais entrer en contact avec les maisons, les artisans, les ateliers, les marques, les lieux et les professionnels qui donnent vie à ces univers. Il faut présenter le projet, obtenir des échanges, accéder à des documents, construire une relation de confiance, puis aller sur le terrain.
C’est sans doute là que commence la partie la plus incertaine, mais aussi la plus importante. Après des années de préparation, le média doit rencontrer le monde qu’il souhaite raconter. Les prochains mois seront faits d’emails envoyés, de réponses attendues, de refus possibles, de rendez-vous espérés, de premières rencontres et d’ajustements permanents. Ce journal de bord servira précisément à raconter cette étape : non pas une réussite déjà acquise, mais la construction patiente d’un projet éditorial consacré au luxe, aux savoir-faire et aux maisons qui les font vivre.
