Ylang-ylang : matière première végétale en parfumerie

Enivrez-vous de connaissances sur l’univers de la beauté et du parfum : son sillage millénaire, ses légendes, sa fabrication et ses maisons prestigieuses. Ayez du nez en suivant nos conseils et les actualités de la beauté.

Origine botanique et géographique

L’ylang-ylang en parfumerie provient du Cananga odorata (Lam.) Hook.f. & Thomson, arbre tropical de la famille des Annonacées — famille botanique tropicale qui regroupe également plusieurs arbres fruitiers notables comme le corossol (Annona muricata), la pomme cannelle (Annona squamosa) et le chérimolier (Annona cherimola). Cette appartenance aux Annonacées constitue une particularité botanique de l’ylang-ylang dans la palette des parfums, car cette famille fournit peu d’autres matières premières aromatiques majeures, à l’exception de quelques espèces marginales.

Deux variétés principales du Cananga odorata sont reconnues, à profils et usages nettement distincts :

  • le Cananga odorata var. genuina, parfois désigné comme l’« ylang-ylang vrai », est la variété parfumière de référence, cultivée pour la production d’huile essentielle de qualité ;
  • le Cananga odorata var. macrophylla, désigné commercialement sous le nom de « cananga », est une variété plus grossière à fleurs plus larges, qui donne une huile essentielle de qualité inférieure (à profil plus lourd, plus rustique) utilisée principalement pour les savonneries et les applications fonctionnelles économiques. La distinction commerciale entre « ylang-ylang » (var. genuina) et « cananga » (var. macrophylla) est importante pour la parfumerie fine.

L’arbre se présente, à l’état sauvage, comme un grand arbre tropical pouvant atteindre 20 à 30 mètres de hauteur. Dans les plantations, cependant, les arbres sont systématiquement taillés et maintenus à une hauteur de 2 à 3 mètres seulement, par des élagages réguliers qui leur donnent un port étalé et tortueux caractéristique. Cette taille basse facilite la récolte manuelle des fleurs, qui doivent être cueillies une à une.

Les branches sont retombantes, souples. Les feuilles sont ovales-allongées, vert-brillant. Les fleurs sont l’élément le plus remarquable et celui qui intéresse la parfumerie : longues, pendantes, composées de six pétales étroits et allongés, rubanés et légèrement tordus, d’une couleur vert-jaune virant au jaune-or profond à pleine maturité. La forme particulière des fleurs — comparable à de petites étoiles de mer ou à des rubans froissés suspendus — leur donne une apparence immédiatement reconnaissable. Les fleurs sont intensément parfumées, particulièrement la nuit (la plante étant pollinisée par les insectes nocturnes), et leur floraison s’étale toute l’année dans les climats tropicaux favorables, avec des pointes saisonnières.

L’étymologie du nom mérite mention : « ylang-ylang » dérive du tagalog (langue des Philippines) « ilang-ilang », dont l’interprétation reste partiellement débattue — le terme évoquerait soit la « nature sauvage » (les arbres poussant spontanément dans les zones non cultivées), soit le mouvement des fleurs qui « flottent dans le vent » par leurs pétales rubanés. La redondance du terme (le mot répété deux fois) est caractéristique de plusieurs langues austronésiennes où le redoublement marque l’intensité ou la pluralité.

Le Cananga odorata est natif de l’Asie du Sud-Est insulairePhilippines, Indonésie, Malaisie — d’où il a été diffusé vers l’océan Indien occidental au cours de l’expansion coloniale européenne du XIXe siècle, trouvant dans les îles de l’océan Indien des conditions de culture particulièrement favorables.

Les principales zones de production parfumière contemporaines sont :

  • les Comores (et particulièrement l’île d’Anjouan), considérées comme l’un des producteurs de référence mondiaux d’ylang-ylang de qualité supérieure. L’archipel des Comores est traditionnellement surnommé les « îles aux parfums » en raison de la place centrale de l’ylang-ylang (et secondairement du jasmin, de la vanille et du clou de girofle) dans son économie ;
  • Madagascar, et particulièrement l’île de Nosy Be au nord-ouest, producteur majeur de qualité reconnue ;
  • Mayotte (collectivité française de l’océan Indien), productrice traditionnelle ;
  • La Réunion (productrice historique, aujourd’hui résiduelle) ;
  • l’Indonésie (Java principalement), productrice importante notamment de la qualité « cananga » ;
  • les Philippines (origine botanique de l’espèce) ;
  • le Vietnam, les Îles Salomon, plusieurs autres pays tropicaux en quantités secondaires.

Procédés d’extraction

Le procédé dominant pour l’ylang-ylang parfumier est la distillation à la vapeur des fleurs fraîches, mais ce procédé présente une particularité unique dans toute la palette des matières premières naturelles : la distillation fractionnée.

Les fleurs sont cueillies à la main, fleur par fleur, tôt le matin (la teneur en composés odorants étant maximale en début de journée, avant que la chaleur ne dégrade les composés les plus délicats). Les fleurs récoltées doivent être distillées immédiatement pour préserver leur qualité.

La distillation fractionnée consiste à recueillir séparément plusieurs fractions de distillat, prélevées à des moments différents au cours d’une même distillation continue. Les composés les plus volatils et les plus légers (généralement les plus floraux et les plus fins) passent en premier dans le distillat ; les composés plus lourds et moins volatils (sesquiterpènes, esters lourds) passent ultérieurement. En interrompant et reprenant la collecte à des intervalles définis, le distillateur obtient plusieurs grades commerciaux distincts à partir d’une même charge de fleurs :

  • l’« Extra » ou « Extra Supérieure » : la première fraction, recueillie dans les premières heures de distillation. C’est la qualité la plus prisée et la plus coûteuse, à signature la plus florale, la plus fraîche, la plus délicate et la plus « haute ». L’Extra est réservée à la parfumerie fine ;
  • la « Première » (ou « First ») : la deuxième fraction, à signature encore florale mais légèrement plus complète ;
  • la « Deuxième » (ou « Second ») : la troisième fraction, plus lourde ;
  • la « Troisième » (ou « Third ») : la dernière fraction, à signature la plus lourde, la plus boisée-balsamique, utilisée principalement dans les savonneries et les applications fonctionnelles ;
  • l’« Ylang Complète » (ou « Complete ») : l’huile essentielle obtenue sans fractionnement, en recueillant la totalité du distillat en une seule opération continue. C’est une qualité intégrale, équilibrée, utilisée largement en parfumerie.

Cette distillation fractionnée — pratiquée traditionnellement aux Comores et à Madagascar — constitue une particularité technique remarquable de l’ylang-ylang : c’est l’une des seules matières premières dont la distillation est ainsi stratifiée en grades par le moment de collecte. Cette technique permet aux distillateurs d’adapter leur production à différents marchés (parfumerie fine pour l’Extra, savonnerie pour la Troisième) et aux parfumeurs de choisir précisément la fraction adaptée à l’effet recherché.

Le rendement total (toutes fractions confondues) est de l’ordre de 1,5 à 2,5 % du poids de fleurs fraîches.

L’absolu d’ylang-ylang par extraction au solvant volatil existe également, à profil plus complet et plus rond que l’huile essentielle distillée, utilisé pour des applications premium.

L’extraction au CO2 supercritique est utilisée pour des productions premium contemporaines.

Profil olfactif

Le profil olfactif de l’ylang-ylang (qualité Extra ou Complète) combine plusieurs dimensions :

  • une dimension florale-chaude centrale, opulente et exotique ;
  • une note fruitée caractéristique, souvent décrite comme rappelant la banane mûre, parfois la fleur de jasmin mêlée de fruits tropicaux ;
  • une dimension jasminée discrète (parenté olfactive partielle avec le jasmin) ;
  • une signature « exotique-narcotique » ou « capiteuse » qui confère à la matière sa dimension la plus singulière et la plus reconnaissable ;
  • une dimension crémeuse-balsamique délicate ;
  • une touche épicée légère ;
  • une note « métallique-fraîche » très agréable dans les meilleures qualités ;
  • une rondeur et une chaleur générales ;
  • une persistance considérable.

L’ylang-ylang occupe ainsi une place singulière dans la palette des fleurs blanches : moins indolique-animal que le jasmin et la tubéreuse, plus fruité-exotique que la rose, plus chaud-capiteux que la fleur d’oranger, il offre une signature propre que les parfumeurs apprécient pour sa dimension solaire-tropicale caractéristique.

Histoire

L’histoire de l’ylang-ylang combine une tradition asiatique ancienne et un développement colonial dans l’océan Indien au XIXe siècle qui a transformé cette matière en l’une des grandes matières premières de la parfumerie moderne.

L’usage asiatique traditionnel de l’ylang-ylang est documenté depuis plusieurs siècles dans l’archipel philippin, en Indonésie et en Malaisie. Les fleurs fraîches étaient utilisées dans ces régions pour de multiples usages :

  • la décoration des cheveux et des vêtements ;
  • les cérémonies religieuses et les rituels ;
  • les célébrations de mariage : dans plusieurs traditions indonésiennes et philippines, les fleurs d’ylang-ylang étaient répandues sur le lit des jeunes mariés, en symbole de fertilité et de sensualité. Cette tradition matrimoniale a contribué à l’imaginaire sensuel et nuptial attaché à la fleur ;
  • la médecine traditionnelle : les fleurs et l’huile étaient utilisées pour diverses préparations apaisantes et cosmétiques.

L’arrivée de l’ylang-ylang dans la parfumerie occidentale s’effectue au cours du XIXe siècle. Un épisode commercial particulièrement notable mérite mention : la « Macassar oil » (huile de Macassar), pommade capillaire très populaire dans l’Europe du XIXe siècle (particulièrement à l’époque victorienne britannique), contenait de l’huile d’ylang-ylang parmi ses ingrédients. Cette pommade grasse, appliquée abondamment sur la chevelure masculine pour la lisser et la lustrer, laissait des traces grasses sur les dossiers des fauteuils et canapés lorsque les hommes y appuyaient leur tête. Pour protéger les meubles de ces taches, les ménagères victoriennes inventèrent un petit napperon de protection placé sur le dossier des sièges, appelé en anglais « antimacassar » (littéralement « anti-Macassar », c’est-à-dire « contre l’huile de Macassar »). Ce mot anglais, encore en usage aujourd’hui pour désigner ces napperons protecteurs, porte ainsi l’empreinte étymologique de l’huile d’ylang-ylang et de sa popularité au XIX siècle.

L’établissement de la culture parfumière de l’ylang-ylang dans l’océan Indien s’opère durant la période coloniale française du XIXe siècle. L’arbre est introduit successivement à La Réunion, à Mayotte, aux Comores et à Madagascar (notamment Nosy Be), où il trouve des conditions climatiques idéales (climat tropical humide, sols volcaniques fertiles). La distillation industrielle s’établit progressivement dans ces îles à partir de la fin du XIXe siècle, et l’océan Indien occidental devient le centre mondial de production d’ylang-ylang. Les Comores acquièrent leur surnom traditionnel d’« îles aux parfums » durant cette période.

L’événement parfumier majeur du XXe siècle pour l’ylang-ylang est son intégration à Chanel N°5 (1921) par Ernest Beaux. Dans cette composition révolutionnaire – l’une des plus célèbres et des plus influentes de toute l’histoire de la parfumerie –, l’ylang-ylang est l’une des matières signatures, présent dès les notes de tête en accord avec les aldéhydes (innovation majeure de N°5) et avec le néroli et la bergamote. L’ylang-ylang apporte à N°5 sa dimension florale-exotique chaude caractéristique, en complément de la rose et du jasmin du cœur. La présence emblématique de l’ylang-ylang dans Chanel N°5 – fragrance probablement la plus célèbre du monde – a contribué puissamment à ancrer cette matière dans la palette des matières premières fondamentales de la parfumerie moderne.

Plusieurs autres grandes fragrances classiques du XXe siècle font usage de l’ylang-ylang : Joy (Jean Patou, 1930), L’Air du Temps (Nina Ricci, 1948), Mitsouko (Guerlain, 1919), Shalimar (Guerlain, 1925), Diorella (Dior, 1972), et de nombreuses autres compositions florales et orientales.

Usage contemporain

Les enjeux contemporains de la filière ylang-ylang incluent :

  • la dépendance économique des Comores vis-à-vis de l’ylang-ylang, qui constitue l’une des principales exportations de cet archipel parmi les pays les moins développés du monde. La filière ylang-ylang comorienne emploie une part importante de la population et constitue un enjeu social et économique majeur ;
  • les conditions de production : la distillation traditionnelle comorienne, conduite dans des alambics rudimentaires chauffés au bois, soulève des questions de déforestation (les distilleries consommant des quantités importantes de combustible ligneux) et de conditions de travail ;
  • les programmes de durabilité développés par plusieurs grandes maisons de parfumerie aux Comores, visant à améliorer les pratiques de distillation (alambics plus efficaces, combustibles alternatifs), à soutenir la reforestation et à améliorer les revenus des producteurs ;
  • les fluctuations climatiques et les cyclones affectant les plantations de l’océan Indien ;
  • les adultérations possibles (mélanges entre fractions de qualité inégale, substitution de cananga à l’ylang-ylang vrai, additions de molécules synthétiques) ;
  • le développement de productions certifiées (biologique, équitable).

Plusieurs grandes maisons de parfumerie de luxe ont développé des partenariats directs avec les producteurs comoriens et malgaches (notamment Chanel, qui a établi un partenariat de filière aux Comores pour son approvisionnement en ylang-ylang destiné à N°5, ainsi que LVMH, Givaudan et plusieurs autres acteurs).

Rôles en composition

L’ylang-ylang joue en parfumerie plusieurs rôles, à dominante florale-chaude-exotique, qui en font l’une des matières fondamentales de la palette florale.

Son rôle le plus emblématique est celui d’élément des compositions florales, particulièrement des bouquets de fleurs blanches. La signature chaude-fruitée-jasminée de l’ylang-ylang lui permet de tenir une note florale dominante ou d’intervenir dans des accords floraux complexes en accord avec la rose, le jasmin, la tubéreuse, la fleur d’oranger et plusieurs autres absolus floraux.

Dans les florales classiques et les grands bouquets floraux de la parfumerie du XX siècle (N°5, Joy, L’Air du Temps), l’ylang-ylang apporte une dimension solaire et exotique qui réchauffe et arrondit les bouquets, leur conférant une opulence caractéristique.

Dans les florales-orientales, l’ylang-ylang dialogue avec la vanille, les baumes, les résines et le bois de santal pour des chaleurs florales-orientales caractéristiques.

Dans les compositions « solaires » et « tropicales » modernes, l’ylang-ylang est l’une des matières signatures évocatrices des îles, du soleil et des fleurs tropicales, en accord avec le coco, le frangipanier (reconstitué), le tiaré et plusieurs autres notes exotiques.

Dans les eaux de Cologne et les eaux fraîches, les fractions « Extra » de l’ylang-ylang peuvent intervenir comme modulateurs floraux légers apportant une dimension florale subtile.

Dans les compositions « monoï » et « tiaré » (reconstitutions des parfums traditionnels polynésiens), l’ylang-ylang dialogue avec les notes de gardénia tropical et de coco pour évoquer l’imaginaire des îles du Pacifique.

Dans les fragrances masculines modernes, l’ylang-ylang peut intervenir à doses modestes pour apporter une dimension florale chaude subtile.

Accords particulièrement réussis avec :

  • la rose et le jasmin (bouquets floraux fondamentaux) ;
  • la tubéreuse, la fleur d’oranger, le gardénia (fleurs blanches) ;
  • l’iris dans les florales-poudrées ;
  • la vanille dans les florales-orientales chaudes ;
  • le bois de santal dans les florales-boisées (l’accord ylang-santal étant particulièrement classique) ;
  • les aldéhydes (accord historique du Chanel N°5) ;
  • la bergamote et les autres agrumes en notes de tête ;
  • les résines (labdanum, benjoin, baume du Pérou) dans les orientaux ;
  • le patchouli dans les chyprés-floraux ;
  • la noix de coco et les notes lactées dans les compositions tropicales-solaires ;
  • la fève tonka et la coumarine dans les florales-gourmandes ;
  • les muscs synthétiques dans les fonds peau ;
  • les fruits exotiques (banane, fruits de la passion, mangue) dans les compositions tropicales ;
  • le néroli et le petitgrain dans les hespéridées-florales ;
  • le cananga (variété apparentée, usages complémentaires).

Quelques fragrances emblématiques marquées par l’ylang-ylang (parmi de nombreuses florales classiques et contemporaines) :

Chanel N°5 (Chanel, 1921) par Ernest Beaux — composition emblématique où l’ylang-ylang figure parmi les matières signatures, présent dès les notes de tête —, Joy (Jean Patou, 1930) par Henri Alméras, L’Origan (Coty, 1905), Shalimar (Guerlain, 1925), L’Air du Temps (Nina Ricci, 1948) par Francis Fabron, Diorella (Dior, 1972) par Edmond Roudnitska, Champagne / Yvresse (Yves Saint Laurent, 1993), Samsara (Guerlain, 1989), Poison (Dior, 1985), Amarige (Givenchy, 1991), Chamade (Guerlain, 1969), Ylang 49 (Le Labo) — composition de niche revendiquant explicitement l’ylang-ylang —, Songes (Annick Goutal, 2006) par Isabelle Doyen — composition de niche exploitant remarquablement l’ylang-ylang en accord avec tubéreuse et frangipanier —, Champaca Absolute (Tom Ford), Carnal Flower (Frédéric Malle, 2005) dans certaines facettes, Beyond Paradise (Estée Lauder), plusieurs Hermessence, plusieurs Tom Ford Private Blend, Manoumalia (Les Nez), Ylang in Gold (M. Micallef), et un nombre considérable d’autres compositions classiques et contemporaines exploitant l’ylang-ylang.

Mentions spéciales :  

Chanel N°5 (1921) comme fragrance emblématique exploitant l’ylang-ylang. Dans cette composition d’Ernest Beaux — probablement la fragrance la plus célèbre de toute l’histoire de la parfumerie —, l’ylang-ylang figure parmi les matières premières dominantes, présent dès les notes de tête en accord avec les aldéhydes révolutionnaires de la formule. La présence emblématique de l’ylang-ylang dans N°5, fragrance vendue continûment depuis plus d’un siècle et icône culturelle mondiale, illustre le statut fondamental de cette matière dans la palette parfumière moderne, et a contribué à faire de l’ylang-ylang l’une des fleurs blanches les plus systématiquement présentes dans la parfumerie florale du XX siècle.

Songes d’Annick Goutal (2006) par Isabelle Doyen comme œuvre contemporaine de référence exploitant l’ylang-ylang. La composition associe l’ylang-ylang à la tubéreuse, au jasmin, au frangipanier et à la vanille dans une structure florale-solaire opulente d’une grande beauté, qui révèle pleinement la dimension exotique-chaude de l’ylang-ylang.

L’ylang-ylang représente, parmi les matières premières florales, l’une des plus singulières et l’une des plus fondamentales de la palette des parfums. Sa signature exotique-chaude-fruitée, qui le distingue nettement des autres fleurs blanches, son procédé unique de distillation fractionnée, son inscription dans l’imaginaire tropical (les « îles aux parfums », les fleurs nuptiales d’Asie du Sud-Est, l’huile de Macassar victorienne), son rôle emblématique dans Chanel N°5 et dans la grande parfumerie florale du XXe siècle, en font une matière d’une densité de sens considérable. Sa filière comorienne et malgache, structurante pour l’économie d’archipels parmi les plus pauvres du monde, soulève des enjeux de durabilité sociale et environnementale importants, qui mobilisent aujourd’hui les engagements des grandes maisons de parfumerie de luxe. L’ylang-ylang demeure l’un des piliers de la palette florale, et la continuité de sa production dans l’océan Indien occidental constitue l’un des enjeux patrimoniaux essentiels de la parfumerie naturelle contemporaine.

Stefane Girard
Stefane Girard
Spécialiste de la relation client et de la qualité de service, tout d’abord dans le tourisme puis dans d’autres secteurs en tant que consultant, j’ai également géré une société de vente en ligne d’articles de luxe. Tout au long de ma vie, j’ai étudié des sujets qui m’ont permis de développer une sensibilité pour l’esthétique et l’admiration du savoir-faire de ceux qui travaillent avec passion et talent à magnifier notre quotidien : les artisans d'art. Ce site me permet de partager avec vous mes centres d’intérêt et de rendre hommage à ces artisans de l’excellence.
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